Notre histoire

Notre histoire

Fille d'armurier

Il y a des enfances qui sentent l'huile d'arme et le café du petit matin. La mienne est née dans une armurerie de Bourges, il y a quarante ans.

I

L'armurerie

Mon père a ouvert son armurerie à Bourges il y a quarante ans. Quarante saisons d'ouverture, quarante veilles de battue, quarante fois le même rituel de fin d'août où tout le monde repasse chercher ses cartouches et raconter l'année écoulée.

J'ai grandi derrière ce comptoir. Je connaissais les habitués par leur prénom avant de savoir lire. J'ai vu des hommes entrer pour acheter un fusil et ressortir deux heures plus tard sans rien, parce qu'ils étaient surtout venus parler. J'ai vu des pères revenir avec leur fils, puis ce fils revenir avec le sien.

Le magasin a grandi. Un second a ouvert à Saint-Doulchard. Mais rien n'a changé dans le fond : on vend du matériel, et en réalité on tient un lieu. Un endroit où l'on transmet.

C'est là que j'ai appris ce que veut dire servir quelqu'un. Vraiment. Pas lui vendre, l'accompagner.

Vestiaire de maison de campagne : vestes cirées à la patère, casquette en tweed et bottes de cuir
Le vestiaire. Ce qu'on accroche en rentrant, et ce qu'on reprend le lendemain.
II

Ce qui manquait

En grandissant, j'ai chassé. Le terrain, la brume, le chien qui revient trempé, le retour à la voiture quand les mains ne sentent plus rien.

Et chaque année, la même chose me gênait.

Je trouvais tout ce qu'il fallait pour tirer. Rien pour s'habiller. Ou plutôt si : du technique, du fonctionnel, du sombre, du camouflage. Des vêtements qu'on enlève dans le coffre parce qu'on n'oserait pas entrer dans un café avec.

Il manquait la pièce qu'on garde sur le dos une fois rentré. Celle qu'on porte au marché le dimanche, chez des amis le soir, en ville le lundi. Celle qui dit d'où l'on vient sans avoir besoin de le crier.

Les Anglais ont ça depuis toujours. Nous, pas. C'est une drôle d'idée, quand on y pense, pour un pays qui compte plus d'un million de chasseurs et une tradition qui remonte aux rois.

« J'ai grandi dans l'armurerie de mon père. J'y ai appris que l'on ne vend rien, on transmet. »
Camille Prot, fondatrice
III

Diane

Alors j'ai fait la pièce qui manquait. Puis la suivante.

Diane porte le nom de la déesse de la chasse. Une femme, volontairement. Parce que dans nos campagnes, les femmes chassent, portent, transmettent, et qu'on l'oublie trop souvent quand on dessine une collection.

Chaque vêtement est pensé pour tenir deux vies. Celle du terrain, où il prend la boue, la ronce et la pluie. Et celle d'après, où il se porte sans qu'on devine qu'il sortait d'une battue le matin même.

Nous travaillons des matières qui se patinent au lieu de s'user. Des coupes qui laissent le geste libre. Des finitions qu'on peut réparer plutôt que remplacer. Une veste Diane qui a dix ans doit être plus belle qu'au premier jour.

Labrador couché sur le seuil d'une maison de campagne, au retour du terrain
Le retour. C'est souvent lui qui rentre le premier.
IV

La fleur de lys

Le logo n'est pas un ornement.

J'ai choisi la fleur de lys parce que je crois à ce pays. À ses campagnes, à ses métiers, à ses savoir-faire qu'on a laissé partir ailleurs sans trop se battre. À une élégance française qui n'a jamais eu besoin d'être tapageuse pour être reconnue.

Elle est brodée sur chaque pièce, petite, à la poitrine gauche. Du côté du cœur. On ne la voit pas de loin. Ceux qui la reconnaissent savent.

V

Ce que je vous dois

Je viens d'une maison où l'on répond au téléphone, où l'on reprend une pièce qui ne va pas, où l'on connaît ses clients.

Diane fonctionne pareil. Derrière ce site il y a une personne, pas un service. Si une taille ne tombe pas bien, écrivez-moi. Si une couture lâche dans cinq ans, renvoyez-la nous, on la reprend.

C'est ce que mon père fait depuis quarante ans à Bourges. Je ne vois pas pourquoi je ferais autrement.

Camille Prot

Fondatrice

Du terrain à la table

Les pièces qui portent la fleur de lys, à découvrir dans la collection.

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